Paul n’enseigne-t-il pas clairement que le Christ « abolit la loi et ses commandements » (Ep 2:15TOB) et par conséquent les croyants sont « dégagés de la loi » (Rm 7:6)? Ceci ne signifie-t-il pas qu’une personne qui accepte le Christ est dégagée de l’obli

Un double concept.

Cette question, comme la dernière, ignore le fait que Paul parle concernant la loi, positivement et négativement. Il dit non seulement que le Christ « abolit » la loi (Ep 2:15TOB) mais aussi qu’il lui donne « toute sa force » (Rm 3:31MH) (confirme— S, SR, etc.); non seulement que nous sommes « dégagés de la loi » (Rm 7:6), mais aussi que « la loi est sainte, et le commandement saint, juste et bon » (Rm 7:12); non seulement qu’un homme est justifié « par la foi, sans les oeuvres de la loi » (Rm 3:28); mais aussi que « la circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien, mais c’est l’observation des commandements de Dieu (qui compte) » (1 Co 7:19).

Contextes différents.

La proposition que j’ai présentée et discutée au chapitre 6, est que les énoncés contradictoires de Paul concernant la loi, peuvent être expliqués en reconnaissant les différents contextes dans lesquels Paul parle de la loi. Quand il parle de la loi, dans le contexte de salut (justification devant Dieu) il affirme clairement que l’observation de la loi, est sans effet (Rm 3:20). De l’autre côté, quand Paul parle de la loi dans le contexte de la conduite chrétienne (sanctification— vivant juste devant Dieu), alors il maintient la validité et la valeur de la loi de Dieu (Rm 7:12; 13:8-10; 1 Co 7:19). Par exemple, quand Paul parle des formes variées de la perversité humaine, dans 1 Tm 1:8-10; il affirme explicitement « nous savons bien que la loi est bonne » (v.8).

Trois fois Paul affirme que  « la circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien » et chaque fois il conclue cette déclaration avec une expression différente: « mais c’est l’observation des commandements de Dieu (qui compte) » (1 Co 7:19); « mais la foi qui est agissante par l’amour » (Ga 5:6); « c’est d’être une nouvelle créature » (Ga 6:15). Le parallélisme suggère que Paul met en équation l’observation des commandements de Dieu, avec une foi agissante et une nouvelle vie en Christ. Le vrai but de la venue du Christ, Paul explique, est « pour que la justice prescrite par la loi soit accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon [le pouvoir de] l’Esprit » (Rm 8:4).

Le chrétien, alors, selon Paul, n’est pas sous la loi, comme moyen de salut, mais est sous la loi, à cause de la révélation de Dieu des critères moraux pour sa vie, parce que le Christ a aboli la loi comme méthode de salut, mais l’a établie comme critère, pour la conduite chrétienne.