Dans Genèse 2:2-3, il y a trois références au « septième jour, » mais aucune mention du Sabbat. Cette omission, n’indique-t-elle pas que le Sabbat, en tant qu’institution, tire son origine, non à la création, mais plus tard, au temps de Moïse?

Forme verbale.

C’est vrai que le nom « Sabbat » ne se trouve pas dans ce passage, mais la forme apparentée verbale shabat (cesser, s’arrêter, se reposer) est employée, et ce terme, comme le note U. Cassuto, « contient une allusion au nom “le jour du Sabbat” ».[i]

De plus, comme Cassuto, avec sagacité le remarque, l’emploi du nom septième jour plutôt que Sabbat, peut bien refléter l’intérêt de l’écrivain de souligner l’ordre perpétuel du jour, de manière indépendante et libre d’aucune association avec les « Sabbats » astrologiques des nations païennes.[ii]

Ordre perpétuel.

C’est un fait connu que le terme shabbatu, lequel est similaire au mot Hébreu pour Sabbat (shabbat), se trouve dans les documents de l’ancienne Mésopotamie. Le terme désignait apparemment le quinzième jour du mois, c’est à dire, le jour de la pleine lune. En désignant le jour par le nombre, plutôt que par le nom, la Genèse semble accentuer que le jour du Sabbat de Dieu, n’est pas semblable à celui des nations païennes, relié aux phases de la lune. Plutôt, ce sera le septième jour, dans un ordre perpétuel, indépendant d’aucune association avec les cycles des corps célestes.

En pointant à un ordre perpétuel, le septième jour affermit le message cosmologique de l’histoire de la création, précisément que Dieu est créateur et contrôleur constant de ce cosmos. Dans l’Exode, cependant, où le septième n’est pas donné dans le contexte de la genèse de ce cosmos, mais dans celle de la nation d’Israël, le jour est explicitement désigné « Sabbat », apparemment pour exprimer sa nouvelle fonction historique et de sotériologie.


[i] U. Cassuto, A Commentary on the Book of Genesis (New York, 1961), p. 63.

[ii] Cassuto, note 3, p. 68.