L’entrée de l’Esprit ou l’union avec Christ

Bien-aimés, demandons-nous donc, non pas ce qu’a été l’expérience des apôtres, mais ce qu’a été leur enseignement, non pas comment ils ont reçu le Saint-Esprit, mais comment ils ont appris aux autres à le recevoir.

Ce Jésus, ayant reçu du Père la promesse du Saint-Esprit.
(Actes II, 32-33.)

C’est par Dieu que vous êtes en Jésus-Christ.
(I Cor. I, 30.)

En Jésus… vous avez été scellés de l’Esprit saint de la promesse.
(Éph. I, 13.)

 

La vie abondante.

Je suis venu afin que mes brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance.
(Jean X, 10.)

 

Lorsque le voyageur en route pour l’Ouest franchit les monts Alleghany, son regard en éveil ne peut manquer d’apercevoir la surface étincelante d’un petit lac artificiel, dont les eaux bleues reflètent l’azur du ciel, et qui rehausse la beauté du grand système de voies ferrées qui traversent notre pays natal. Ce petit lac, emprisonné au pied des collines, sert de réservoir à une active cité du voisinage, et s’alimente d’un ruisseau de montagne de modeste débit. Pendant la sécheresse de l’été dernier, la source nourricière ne donna plus qu’un mince filet ; le lac baissa jusqu’aux dernières limites ; et toutes les calamités inhérentes à une longue disette d’eau, avec ses menaces constantes pour la santé et le bien-être, s’abattirent sur la ville. Les autorités imposèrent la plus stricte économie ; le service des eaux fut interrompu, sauf quelques heures par jour ; et la maigre provision du précieux liquide fut soigneusement ménagée pour le cas de nécessités plus pressantes encore.
À cent cinquante kilomètres de cette ville s’en trouve une autre plus petite, située aussi au milieu des montagnes. Dans son centre même, jaillit une fontaine naturelle d’une abondance illimitée et d’une beauté merveilleuse. Pendant le même été de désastreuse sécheresse, cette source fameuse, sans rien diminuer de son étonnante affluence, sans descendre d’un pouce au-dessous des bords qui l’endiguent, fournit à la ville altérée la plus ample provision, et répandit encore par son déversoir tout un courant scintillant, bondissant, d’une richesse intarissable ; c’est ainsi qu’elle justifiait royalement son privilège, non seulement de rafraîchir la ville de son onde, mais encore de lui donner son nom de « Belle-Fontaine », La plus grande des deux villes avait de l’eau, il est vrai, mais la plus petite en avait en « abondance ». Le maigre petit ruisseau qui gouttait dans le réservoir suffisait à peine pour sauver de la soif ardente. Mais la fontaine vivante, bouillonnante, répandant avec prodigalité ses trésors liquides pour sa ville natale, eût encore suffi à étancher la soif d’une autre ville plus considérable que sa grande voisine.

Il en est ainsi de la vie du Saint-Esprit chez les enfants de Dieu. Plusieurs n’ont cette vie intérieure qu’à l’état de fil d’eau de quelques gouttes qui suffisent à peine à les sustenter et à les rafraîchir en temps d’épreuve et de détresse, et jamais ils ne savent ce que c’est que la plénitude. Il en est d’autres en qui se réalisent joyeusement les paroles, de Jésus : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » Non, seulement l’Esprit Saint remplit leur vie intérieure il surabonde, et déborde, portant autour d’eux la bénédiction aux affamés et aux altérés qui cherchent le secret de leur vigueur. L’affliction survient, mais ne peut leur ravir leur paix profonde. Les jours s’assombrissent, mais leur foi d’enfant abonde de plus en plus, Les coups de l’affliction les frappent lourdement, mais, comme les puits à pétrole, lorsqu’un explosif a brisé leur réservoir rocheux, font jaillir un courant plus abondant, ainsi leur vie répand sur leur entourage une somme toujours croissante et enrichissante de bénédictions. Un intarissable fleuve de prières coule de leur coeur. La louange s’élance aussi instinctive et spontanée de leurs lèvres que la joyeuse chanson de l’alouette. La confiance est pour eux une seconde nature ; la joie en est le fruit naturel, et le service ininterrompu n’est pas pour eux un esclavage du devoir, mais la gracieuse réponse de l’amour.

Ils ne ressemblent pas à ces pompes toujours à sec qu’il faut amorcer à force de stimulants et d’exhortations avant d’en tirer quelques rares gouttes ; ce sont plutôt des puits artésiens profondément de ses voyages, le coeur battant sans arrêt du puissant amour du Saint-Esprit lui-même.

Qui a pu lire sans un tressaillement de coeur l’histoire de Délia, la reine d’une ruche impure de la rue Mulberry, et sa délivrance d’une vie de honte ? C’est l’amour de Christ qui brûla le coeur de Mme Whittemore et la porta à essayer de sauver cette perdue. C’est l’amour qui exhala cette ardente prière sur la rose immaculée, avant de l’offrir à la pauvre égarée. C’est l’amour qui attira la malheureuse à la porte de l’espoir quand la conviction s’empara d’elle. C’est l’amour qui l’accueillit, qui pleura sur elle, et lui fit fondre le coeur de contrition et de repentance. Alors l’amour engendra l’amour.

Sauvée sans réserve, cette affranchie offrit sa vie rachetée, comme un vase d’albâtre du plus suave parfum qu’elle brisa aux pieds de Celui dont l’amour l’avait sauvée, et elle s’en alla raconter aux autres l’histoire de cet amour.

Dans les prisons, dans les bouges, dans les réunions en plein air, partout où cette rachetée raconta l’histoire de Celui qui nous a aimés et qui s’est donné pour nous, l’amour brûlant du Saint-Esprit enflammait tellement son âme, que des hommes endurcis par le péché courbaient la tête et sanglotaient sous ses paroles frémissantes et enflammées, et étaient entraînés par vingtaines dans le Royaume de Dieu. Pendant une courte année, l’amour de Dieu coula à pleins bords dans ce coeur pleinement consacré, et s’en fit un canal par lequel il vivifia, électrisa et inspira tous ceux qui s’en approchaient ; puis elle retourna vers la source de sa vie d’amour abondant.
Dans une ville du centre habite un ami qui est uni à notre âme par des crampons d’acier, par les précieux liens de la fraternité en Christ Jésus. Par la grâce de Dieu, il fut miraculeusement sauvé d’une vie d’incrédulité moqueuse, railleuse, mortelle pour l’âme. Pendant des jours et des semaines consécutives, il est engagé dans les soucis absorbants d’une profession séculière. Puis, sans le prévenir, le Saint-Esprit le charge tout à coup du fardeau des âmes perdues. Conduit par l’Esprit dans sa chambre où il s’enferme, il est alors tellement inondé de l’amour de Dieu pour les perdus, que pendant des heures entières, il reste prosterné, sanglotant ses prières entrecoupées pour leur salut. Puis, sortant dans le pays d’alentour, avec ses messages puissants, convaincus, qui jaillissent d’un coeur débordant d’amour il prêche l’Évangile de Christ, là où le besoin s’en fait sentir. Depuis le peu d’années qu’il est converti, ce zélé serviteur de Dieu a obtenu plus de six cents âmes comme fruits de sa vie d’amour abondant.

Bien-aimés, vivons-nous de cette vie d’amour abondant ? En connaissons-nous la puissance, la joie et la plénitude ? Sinon, nous manquons la haute vocation de Celui qui est venu, non pas afin que nous ayons un peu d’amour, mais afin que nous en ayons abondamment.
C’est encore une vie de

Paix abondante.

Le fruit de l’Esprit est la paix.
(Gal. V, 22.)

La paix de Dieu…. gardera vos coeurs et vos esprits.
(Philip. IV, 7.)
Je vous laisse MA paix,
(Jean XIV, 27.)

Ici surgit à l’esprit la vision d’une délicieuse matinée d’été. Nous nous délassons, tranquillement étendu dans un fauteuil, lorsque les volets intérieurs de la fenêtre, sous le souffle d’une brise qui passe, s’ouvrent tout à coup. Aussitôt s’offre à notre regard un magnifique tableau : le ciel bleu sans nuage, de vertes collines qui s’allongent et se perdent dans le lointain et un noble fleuve qui sourit et ballotte ses vagues étincelantes sur son large cours inondé de soleil. La vision dure un instant, puis, sous une bouffée capricieuse du vent contraire, les volets se referment soudain avec bruit. D’un seul coup, la gloire et la beauté de la scène s’évanouissent et restent cachées jusqu’à ce qu’un autre souffle de vent revienne en dévoiler les délices, destinées seulement à disparaître encore.

Telle est, nous semble-t-il, la paix du coeur naturel. Pour un moment, tandis que tout va bien, et que nos desseins réussissent, nos coeurs sont dans la joie et la paix. Mais qu’une bouffée d’adversité, l’échec de quelque projet favori nous surprenne, d’un seul coup, notre paix s’évanouit, l’inquiétude et le souci s’installent à leur place. Certes nous avons la paix, mais les manifestations en sont inconstantes et volages ; un jour, elle nous remplit de calme, le lendemain, elle nous laisse dans les ténèbres et le désespoir.

Quel contraste avec la paix que procure l’abondance de vie ! Car il y a une paix « qui surpasse toute intelligence » et, comme on l’a très bien dit, « toute inintelligence », une paix qui nous garde plutôt que nous ne la gardons, une paix dont il est dit : « Tu garderas dans une paix parfaite le coeur qui s’assure en toi », une paix qui, ne provenant pas d’une tranquillité extérieure, mais d’un Christ intérieur, ne peut être troublée par l’épreuve ou la tempête. C’est la paix que donne la plénitude de l’Esprit. La mer a une surface qui s’agite, bouillonne, moutonne, écume, se soulève, chandelle et retombe sous chaque coup de vent qui assaille son instabilité. Mais elle a aussi des profondeurs qui restent depuis des siècles dans une paix immuable : le vent ne les balaye pas, les vagues ne les remuent pas. De même il y a, pour le coeur timide, des profondeurs immobiles de paix, dont le calme ininterrompu ne peut se dépeindre que par ces mots surprenants : « La paix de Dieu. »


La paix de Dieu ! Pensez-y un moment. Qu’elle doit être merveilleuse, la paix de Dieu ! En lui, il n’y a ni faiblesse, ni erreur, ni péché. En lui, il n’y a ni passé à déplorer, ni avenir à redouter ; ni faute qui inspire le gémissement, ni méprise à craindre ; ni plans traversés, ni desseins contrecarrés. La mort ne peut le vaincre, la maladie ne peut l’affaiblir, son idéal est toujours atteint, sa perfection réalisée. Passé, présent ou avenir, le temps qui s’efface ou l’éternité sans fin, la vie ou la mort, l’espérance ou la crainte, la tempête ou le calme, rien de tout cela ne peut troubler la paix de Celui qui s’appelle Le Dieu de paix. Et c’est cette paix qu’il nous appartient de posséder. « La Paix de Dieu gardera vos coeurs et vos esprits. » Non une paix humaine conquise par des efforts personnels ou une discipline à laquelle on s’astreint, mais la paix divine, la paix même que Dieu a, ou plutôt est. Voilà pourquoi Jésus dit : « Je vous donne ma paix. » Une paix humaine, opérée par l’homme, qui naît ou périt selon les vicissitudes de la vie, est sans valeur ; mais la paix de Christ, quel don précieux !

Remarquez les circonstances où se trouvait. Jésus quand il prononça ces paroles comme cette paix nous semble alors étonnante ! C’était juste avant sa mort. Devant lui est le baiser d’un traître, le sifflement des fouets, le dur et sanglant chemin de la mort, la disparition de la face de son Père, sa royauté insultée par la couronne d’épines et le manteau de pourpre, et l’effrayante gradation des tortures de la croix. Si jamais une âme d’homme dut être déchirée par l’agonie, accablée d’horreur, certes ce fut alors ! Mais au lieu de tristesse, de crainte et de frisson d’épouvante, écoutez ses prodigieuses paroles : « Je vous laisse Ma paix ! » Sûrement une telle paix en vaut la peine ! Sûrement une paix qui tient bon devant une vision si hideuse de trahison, d’agonie et de mort est une paix abondante ; il peut bien en dire : « Je vous la laisse, car elle durera ; c’est la paix de Dieu : elle demeure à toujours. Mes enfants, remarquez mon heure de crise, qui que ce soit d’entre vous n’en aura jamais de plus sombre ; ma paix demeure inébranlable. Ma paix a supporté l’épreuve suprême, donc elle ne peut jamais faiblir ; eh bien ! je vous la transmets. »

Il y a quelques années un ami nous raconta un incident de l’inondation de Johnstown que nous n’avons jamais oublié. Il demeurait en aval de cette ville infortunée, et quand l’inondation fit rage, il se précipita en même temps que d’autres sur un pont, muni d’une corde, pour arracher à la mort les malheureux entraînés au fil de l’eau. Pendant qu’il attendait, son attention fut attirée par l’approche d’une maison à moitié submergée que le torrent impétueux poussait rapidement vers lui, et sur le toit de laquelle il vit une femme étendue. Le coeur palpitant de sympathie, et avec le désir, ardent d’arriver à la sauver, il s’apprêta rapidement, et, comme l’étrange radeau approchait du pont, il jeta la corde, mais il manqua le but. Il court de l’autre côté du pont tandis que la maison s’engouffre sous une arche, et avec une hâte et une intensité fébriles, il jette encore sa corde, mais une fois de plus il échoue. « Alors, dit notre ami, lorsque tout espoir de salut se fut évanoui pour elle avec la seconde tentative infructueuse, et que son arrêt de mort devint inévitable, cette femme, inclinée sur la pente escarpée du toit, et sa tête appuyée sur sa main, se tourna, et me regarda avec douceur. Jusqu’à mon dernier jour je n’oublierai jamais l’expression de ce visage. Au lieu de la crainte, de l’horreur et de l’agonie qui, selon mon attente, devaient le crisper, c’était le calme et le repos, une paix inexprimable, sereine, stable. Elle me fit un gracieux signe de tête en reconnaissance de mes efforts pour la sauver, et, dans cette heure suprême, sa paix rayonnait d’une gloire dont rien sur terre ou sur mer ne peut donner l’idée, et dont l’éclat ne se laissait altérer ni par le rugissement terrible de la tempête ni par la lutte des éléments. »

« Ah ! mon ami, pensais-je, tandis que sa touchante histoire faisait jaillir les larmes de mes yeux, ce devait être une enfant du Seigneur ; elle Le connaissait ; et ce qui la gardait, c’était la « Paix de Dieu. »

Enfin, c’est une vie de: Puissance abondante pour le service.

Puissance abondante pour le service.

« Vous recevrez là puissance quand le Saint-Esprit viendra sur vous », avait dit Jésus, à ses disciples. Et leur vie devint aussitôt un incessant exemple de hauts faits accomplis avec la puissance de l’Esprit. « Étienne, rempli de foi et de puissance, faisait de grands prodiges et des miracles parmi le peuple (Act. VI, 8). »


Charles-G. Finney, entrant dans un moulin, était si rempli de la puissance de l’Esprit, que les ouvriers tombèrent à genoux en larmes par la seule présence de l’évangéliste, avant qu’il eût prononcé un mot.

Dans un « camp meeting », où les sermons les plus éloquents n’avaient absolument pas réussi à amener les hommes à la repentance, toute l’assemblée fondit en larmes de conviction et de douleur en entendant les paroles calmes d’un homme simple, manifestement rempli de l’Esprit. Un mot, une prière, un appel sérieux, un cantique, qui autrement passerait inaperçu, pénètre au fond du coeur, accompagné d’un mystérieux pouvoir, s’il provient d’une vie remplie de l’Esprit.

Moody témoigne qu’avant de connaître la plénitude de l’Esprit, jamais non plus il ne connut la plénitude de la puissance de Dieu dans sa prédication, mais qu’après cela jamais sa prédication ne manqua de produire quelques fruits.

Et la puissance de la vie abondante ne se limite pas à la prédication de la Parole de Dieu. Dieu donne à quelques-uns la puissance de la prière ; à d’autres la puissance du témoignage ; à d’autres la puissance du chant ; à d’autres la puissance dans l’épreuve et la douleur. Toute âme qui réalise la vie abondante de l’Esprit touche le coeur des autres avec une puissance dont l’étendue et l’intensité n’apparaîtront qu’à l’avènement du Seigneur.

La plénitude de l’Esprit ne limite pas ses fruits à l’amour, la paix et la puissance abondantes. C’est encore une vie d’abondante joie ; « la joie de l’Éternel sera votre force ; d’abondante patience, nous ceignant de courage au sein d’épreuves qui, sans cela, nous seraient insupportables ; d’abondante douceur, puisque la douceur même de Christ prend possession de nous ; d’abondante bonté, d’abondante foi, d’abondante humilité, d’abondant empire sur nous-mêmes. Tout cela n’est pas destiné aux seuls apôtres, pasteurs, missionnaires ou moniteurs, mais à tous les enfants de Dieu, car il est clairement dit : « La promesse est pour vous et pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin. »


Quel en est le secret ?

Comment donc les aspirations de nos coeurs après la plénitude de l’Esprit seront-elles satisfaites ? Comment connaîtrons-nous son abondance d’amour, de paix, de joie et de puissance pour le service ? Quel est le secret de cette vie abondante, de cette plénitude de l’Esprit ?
Nous répondrons d’abord négativement : Ce n’est pas que nous n’ayons pas reçu le Saint-Esprit. Devant la faiblesse, la stérilité, le manqué d’amour, de joie, de paix et de force de beaucoup de vies chrétiennes, et sachant que ces fruits doivent résulter de là vie abondante de l’Esprit, un grand nombre se jettent dans cette conclusion extrême que l’Esprit n’a pas été reçu, sinon comment expliquer la faiblesse des manifestations de sa présence et de sa puissance ?
La première vérité que nous avons besoin de voir clairement, c’est donc que chaque enfant de Dieu a. reçu le don du Saint-Esprit. Il est de suprême importance, dans la recherche du secret de la vie abondante, que ce fait glorieux soit clairement reconnu et accepté par le croyant. Car s’il n’a pas reçu le Saint-Esprit, alors son attitude doit consister à attendre, à supplier et à rechercher le don qui ne lui appartient pas encore. Mais s’il a reçu le Saint-Esprit, il doit adopter une attitude entièrement différente, et au lieu d’attendre le Saint-Esprit, et de prier pour le recevoir, il doit se soumettre et s’abandonner à Celui qu’il a déjà reçu. Dans le premier cas, nous attendons que Dieu fasse quelque chose ; dans le second, c’est Dieu qui attend que nous fassions quelque chose.

On voit immédiatement que si une personne observe l’une de ces attitudes alors qu’elle devrait observer l’autre, elle ne peut aboutir qu’à la confusion et à l’échec. Par exemple, la condition toute simple de notre salut est la repentance de nos péchés et la foi en Jésus-Christ notre Seigneur. Or, maintenir une âme vraiment repentante dans l’attitude de la recherche du pardon et dans la supplication, au lieu de la pousser à croire, par un simple acte de foi en la Parole de Dieu, qu’elle a été pardonnée en Christ, est une erreur désastreuse qui a pour résultat les ténèbres et le désespoir, au lieu de la lumière et de la joie que Dieu veut lui communiquer. Par contre, essayer d’amener un pécheur impénitent à « croire seulement », plutôt qu’à se repentir d’abord de ses péchés, ce sera le maintenir dans les ténèbres tout aussi épaisses du formalisme et de l’hypocrisie. Les deux cas sont les mêmes. Si le manque de plénitude est dû, comme nous en sommes persuadés, non à l’absence du Saint-Esprit en nous, mais au fait que nous ne nous sommes pas abandonnés à cet Esprit, alors, c’est une méprise terrible et mortelle que de pousser une âme à attendre et à chercher, au lieu de la presser de se soumettre et de s’abandonner. C’est lui faire poursuivre un but contraire à celui de Dieu. Elle est toujours à crier à Dieu de lui donner le Saint-Esprit, de la baptiser de l’Esprit. Mais Dieu l’a déjà fait pour toute âme qui est en Christ, et il l’appelle à remplir certaines conditions par le moyen desquelles elle connaîtra la plénitude de l’Esprit, non de l’Esprit à venir, mais de l’Esprit qui déjà est en elle. N’avons-nous pas vu des enfants de Dieu dans l’attente, les cris et l’agonie, pendant des jours, des mois et même des années longues et pénibles, pour obtenir le don du Saint-Esprit, parce qu’ils ne connaissaient pas la vérité révélée sur ce point ? Car c’est la Vérité qui nous affranchit et sans elle il n’y a pas de liberté.

Ainsi donc, la Parole de Dieu enseigne clairement que nous tous, qui sommes enfants de Dieu, nous avons « reçu le Saint-Esprit », ou, comme l’Écriture l’exprime « le don du Saint-Esprit. »


1. Nous avons rempli les conditions requises pour recevoir le don du Saint-Esprit.

 Quelles sont ces conditions ? Nous devons nous attendre à ce qu’elles soient très simples, et facilement intelligibles pour les moins instruits. Dieu ne voudrait pas faire dépendre le plus grand don de son amour après celui de son Fils, de conditions autres que les plus simples et les plus claires. À travers tous les siècles, sa Providence préparait l’accomplissement de la grande promesse de l’Esprit. Il ne voudrait pas maintenant qu’aucun de ses enfants se trompât de chemin. Il en a fait une grande route, et y a dressé des poteaux indicateurs si clairs, si explicites que seules les opinions humaines préconçues, doctrines, théories, théologies et obscurcissement d’esprit, ont pu nous égarer aussi complètement.
Et, quand nous avons essayé de mettre de côté nos propres vues et de chercher notre lumière dans la seule Parole de Dieu, nous avons compliqué la question en nous bornant à étudier exclusivement l’expérience des apôtres le jour de la Pentecôte. Voyant là le « modèle placé pour nous sur la montagne », nous avons cru, consciemment ou inconsciemment, que les mêmes circonstances devaient se répéter. Notons ici que dans notre recherche des conditions du don du Saint-Esprit, nous nous sommes arrêtés sur ce que les apôtres ont éprouvé, sans tenir compte de ce qu’ils ont enseigné, le jour de la Pentecôte. Or, l’expérience que fait un homme à sa conversion peut être tout à fait merveilleuse, et accompagnée de circonstances impressionnantes. Mais bien des hommes qui ont fait, à ce moment-là, une expérience authentique et glorieuse échouent complètement dans leurs efforts pour conduire à Christ d’autres âmes. Pourquoi ? Parce qu’ils introduisent dans les directions qu’ils donnent aux chercheurs anxieux des conditions tirées de leur propre expérience, et qui ne sont pas les conditions essentielles de l’Écriture. Ils nous enseignent à prier sans cesse, à attendre non seulement dix jours, mais dix ans s’il le faut, la promesse du Consolateur, à espérer d’étonnantes expériences, etc…

Combien d’âmes avides ont été ainsi plongées dans une confusion sans espoir, et dans les ténèbres spirituelles. C’est la même erreur que pour la conversion. On s’efforce de nous guider exclusivement par l’expérience apostolique, plutôt que par l‘enseignement apostolique. Mais leur expérience est bien plus difficile à analyser que leur enseignement, et on peut dire en toute sincérité que leur expérience sortait des règles établies pour nous, sous ces trois rapports importants, qu’ils ont vécu avant la venue de Christ, pendant sa vie terrestre, et après son départ. De sorte qu’ils ont eu, une certaine expérience du Saint-Esprit comme croyants de l’Ancienne Alliance, une autre expérience quand le Christ ressuscité souffla sur eux et dit : « Recevez le Saint-Esprit », une autre encore lorsque Christ, après son Ascension, répandit sur eux le Saint-Esprit à la Pentecôte. Il n’en est pas de même de nous. Selon nous, la question importante n’est pas de savoir comment les apôtres – qui ont pour ainsi dire vécu à travers la dispensation, du Père, celle du Fils, et celle du Saint-Esprit – ont reçu le Saint-Esprit, mais comment des hommes qui ont vécu, comme nous, sous la dernière seule, l’ont reçu. L’expérience qui peut nous servir de modèle n’est pas tant celle des apôtres, qui même avaient cru en Jésus avant le don du Saint-Esprit, que celle des âmes converties par les apôtres.
Ces âmes ont cru en Jésus exactement comme nous, après que l’oeuvre du Christ a été accomplie, et après que le Saint-Esprit a été donné. Demandons-nous donc, non pas ce qu’a été l’expérience des apôtres, mais ce qu’a été leur enseignement, non pas comment ils ont reçu le Saint-Esprit, mais comment ils ont appris aux autres à le recevoir. Et ici, comme toujours, nous trouvons la Parole de Dieu merveilleusement simple, si nous voulons mettre de côté nos préjugés, et l’écouter parler. Car, ce même jour de la Pentecôte, l’enseignement des apôtres a été tout aussi clair que leur expérience a été merveilleuse.

S’il y eut jamais un moment où la présence de Dieu remplit un être humain, brûla dans un coeur humain, et inspira à des lèvres humaines un enseignement sans erreur, sûrement ce fut lorsque Pierre prêcha son grand sermon le jour de la Pentecôte. Tout enflammé qu’il était par la Vertu d’En-Haut, ce fut le Dieu de vérité lui-même qui parla par sa voix, et qui, au cri d’appel de la multitude : « Que ferons-nous ? » répondit par des directions divines et des enseignements divins. Et que dit-il ? « Alors Pierre leur dit :
Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission des péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit (Act. II, 38). »

Il est évident, d’après beaucoup de passages de la Parole de Dieu, que le baptême était une ordonnance administrée à quiconque croyait en Christ comme en Celui qui a porté nos péchés, de sorte que Dieu annonce ici par Pierre cette grande vérité que : Les deux grandes conditions pour recevoir le Saint-Esprit sont : la Repentance et la Foi en Christ pour la rémission des péchés. Aucune autre condition n’est exigée.

Repentez-vous de vos péchés, croyez au Seigneur Jésus pour la rémission de vos péchés, et vous obtiendrez le don du Saint-Esprit. Il y a pour nous deux choses à faire, puis Dieu en fait une. Si vous faites ces deux choses, Dieu dit que vous recevrez. La promesse est absolue, l’homme n’a pas le droit d’introduire aucune autre exigence entre « repentez et croyez » et « vous recevrez », puisque Dieu n’en ajoute aucune. Si une âme se repent sincèrement, et croit au Seigneur Jésus-Christ pour la rémission de ses péchés, alors Dieu ne manque pas d’accomplir sa promesse – « Vous recevrez. »

La seule question que l’enfant de Dieu, qui doute s’il a reçu le don du Saint-Esprit, doive se poser, est celle-ci : « Me suis-je détourné du péché avec un coeur honnête, et me suis-je confié, non en mes propres oeuvres, mais en Jésus-Christ comme en Celui qui a porté mes péchés et qui me sauve ? Si oui, Dieu m’a donné le Saint-Esprit, et la paix que je sens dans mon coeur vient de ce seul Esprit dont il est dit que « si un homme ne l’a pas, il n’est pas à Lui. » Si nous ne nous sommes jamais sincèrement repentis, ou si nous n’avons jamais mis notre confiance en Jésus seul, alors, nous n’avons pas reçu l’Esprit. Mais si nous avons rempli ces deux simples conditions – et il est aisé de nous en rendre compte – alors Dieu a dû nous accorder son grand don.

Cependant Dieu ne permet pas que nous ayons pour seul appui la logique, quand même elle serait aussi sûre qu’on vient de le voir, mais il confirme par une seconde preuve l’assurance que nous avons d’avoir reçu l’Esprit, à savoir :


2. Par le témoignage de l’Esprit lui-même ;

par notre propre expérience de son entrée en nous le jour où nous avons rempli ces conditions. « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ. » Plusieurs d’entre nous ne se rappellent-ils pas le jour même, l’heure, l’endroit où, après s’être repentis et avoir mis leur foi en Jésus-Christ, leurs coeurs ont été remplis d’une paix merveilleuse, et de la joie qui en résulte ? Même si pour quelques-uns, elle ne s’est pas produite à un moment ou dans un lieu précis, pourtant, l’expérience de notre coeur au sujet de cette paix, et de la façon dont elle a remplacé la détresse et le trouble qui depuis des années habitaient en nous, pour être graduelle, n’a été ni moins claire ni moins étonnante. L’Esprit a rendu témoignage à notre esprit. Aucune force existante ne pouvait nous apporter la paix au sujet de nos péchés passés, sinon le Saint-Esprit. Jésus seul est notre paix en ce qui concerne le passé, et le Saint-Esprit seul pouvait faire faire à nos coeurs l’expérience de cette paix. Le fait qu’elle est en nous, est une preuve absolue que l’Esprit y est aussi. Que personne ne nous dérobe cette attestation consciente de sa présence. Nous savons qu’il est en nous parce que nul autre que lui ne pouvait, opérer en nous des résultats comme ceux dont nous avons conscience. Nous nous, sommes repentis ; nous avons cru, et il est entré et habite en nous à toujours. Que nos coeurs se calment. Peu importe si ce n’est pas là, ce que nous voulions dire pur « le don du Saint-Esprit, » c’est ce que Dieu dit. Et plus tôt nous employons les termes de Dieu, acceptons les déclarations de Dieu, et obéissons aux commandements de Dieu plus vite aussi les ténèbres qui couvrent cette grande vérité seront dissipées, et laisseront luire sur nos âmes la claire splendeur du jour.


3. C’est la constante assertion de la Parole de Dieu au sujet des croyants.

 Remarquez l’énergie. de ces expressions : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous (I Cor. III, 16) ; » non pas que nous serons dans la suite, mais que maintenant, nous, croyants, nous sommes le temple de Dieu, et que l’Esprit habite maintenant (le verbe est au présent) en nous. Remarquez encore le temps des verbes de la phrase suivante : « Eh ! quoi, ne savez-vous pas que vos corps sont le temple du Saint-Esprit qui est en vous, et que vous avez reçu de Dieu (I Cor. VI, 19). « Et encore : « Car vous êtes le temple du Dieu vivant (I Cor. III, 16). » Et encore : « Examinez-vous vous-mêmes pour voir si vous êtes dans la foi : éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus Christ est en vous ? à moins peut-être que cette épreuve ne tourne contre vous (2 Cor. XIII, 5). » Comme ce dernier passage est clair sur le point qui nous occupe.

Notez de nouveau la simple condition : « Examinez si vous êtes dans la foi, » c’est-à-dire : « Êtes-vous des croyants ? Vous reposez-vous tout simplement sur le Seigneur Jésus Christ pour votre salut ? Si Oui, ne reconnaissez-vous pas qu’en ce qui vous concerne, Jésus-Christ est en vous ? à moins qu’en vous examinant vous-mêmes, l’épreuve ne tourne contre vous, et que votre confiance ne repose non sur Christ, mais sur autre chose. »

Comme tout cela est simple et comme tout cela s’accorde avec la vérité telle que Pierre la prêchait ! Pierre dit : « Repentez-vous, et croyez en Jésus-Christ », et Paul dit à ceux qui se sont repentis et sont maintenant des croyants : « Ne savez-vous pas que la seule question que vous deviez vous poser est celle-ci : Est-ce que je me confie en Christ ? Si oui, Jésus habite en vous par le Saint-Esprit. » Bien-aimés, n’eussions-nous jamais eu la moindre expérience sensible de la présence du Saint-Esprit en nous, ce serait encore une témérité de notre part, pour ne rien dire de plus, que de nier le fait glorieux de son habitation en nous en face des assertions constantes, explicites de Dieu qui déclare que nous sommes son temple, qu’il habite en nous et que nous avons reçu actuellement de Dieu ce grand don de l’Esprit.


4. Christ et les Apôtres considèrent toujours cette vérité comme admise quand ils s’adressent aux croyants.

Entendez le cri de surprise de Paul de ce que pour un moment ils pourraient avoir perdu de vue cette vérité fondamentale : « Eh ! quoi, ne savez-vous pas (I Cor. VI, 15) ? » Est-ce ignorance ou bien oubli de cette grande et glorieuse vérité que le Saint-Esprit habite en vous ( I Cor. Ill, 16) : « Allez-vous douter de sa présence sous prétexte que l’expérience que vous en faites n’est pas aussi surprenante que vous le supposiez ?

N’oubliez pas que son habitation en vous dépend non de vos émotions, mais de votre union avec Christ qui depuis longtemps a été opérée par Dieu, grâce à votre foi en lui ( I Cor. I, 30) ». Voyez encore Act. XIX, 2 ; Paul ne demande pas : « Avez-vous reçu le Saint-Esprit depuis que vous avez cru ? » mais : « Avez-vous reçu le Saint-Esprit lorsque vous avez cru ? » montrant ainsi que, d’après lui, tout enfant de Dieu reçoit ce don au montent même de sa repentance et de sa foi en Christ.

Notez de même l’attitude de Christ en face de la même vérité dans l’usage constant qu’il fait du mot « demeurer ». « Demeurez en moi, et moi en vous. » « Si vous demeurez en moi… » « Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui (I Jean, II, 28). » Quelle est ici la vérité ? Clairement celle-ci : Le mot « demeurer » signifie rester, habiter dans un endroit où l’on se trouve déjà. Ainsi lorsqu’on invite un groupe de personnes à demeurer, à rester dans une chambre, chacun comprend de suite que les personnes à qui on s’adresse sont déjà dans cette chambre. Lorsque Paul dit : « A moins que les matelots ne demeurent dans le vaisseau, vous ne pouvez être sauvés (Act. XXVII, 31), nous comprenons que les matelots étaient déjà dans le vaisseau. Par contre, l’invitation de Christ au pécheur est : « Viens, » parce qu’il est loin de Christ. Mais le mot qu’il adresse au croyant est : « Demeure, reste, » car il est déjà, et pour toujours, en Christ. Nul ne peut être en Christ, et n’avoir pas reçu le Saint-Esprit. C’est impossible. Car C’est lui qui donne le Saint-Esprit. En lui est la vie, et au moment même où nous sommes unis à lui par la foi, il faut que nous recevions l’Esprit. Le fil ne peut être uni au dynamo sans recevoir le fluide électrique ; le sarment ne peut être uni au cep sans recevoir le frisson de la vie ; nous ne pouvons pas davantage être unis à Christ par la foi sans recevoir le grand don que nous confère sa résurrection. « Je suis le cep, et vous êtes les sarments. »

Mais quelqu’un dira : « Je crois que c’est le Saint-Esprit qui m’a régénéré, et que je ne pouvais pas naître de nouveau sans son intervention

Mais je ne crois, pas que ce soit là ce que Dieu appelle « recevoir le Saint-Esprit. » N’y a-t-il pas pour le croyant une seconde expérience dans laquelle, après sa conversion, il reçoit le Saint-Esprit pour servir avec une puissance et un succès plus grands qu’il n’avait jamais connus auparavant ? Est-ce que Paul n’a pas dit aux Éphésiens convertis : « N’avez-vous pas reçu le Saint-Esprit depuis que vous avez cru (Act. XIX, 2) ? » et cela ne prouve-t-il pas clairement qu’on peut être chrétien et pourtant n’avoir pas reçu ensuite le Saint-Esprit ? »

À cela, nous répondons à la fois oui et non.

Il existe une plénitude du Saint-Esprit qui n’est pas donnée à la plupart des chrétiens à leur conversion, et qui, par conséquent, est d’ordinaire, dans l’ordre du temps, une seconde expérience. Mais elle n’est pas « le don du Saint-Esprit », ni « la réception du Saint-Esprit », ni « le baptême du Saint-Esprit » tel que la Parole de Dieu l’enseigne.

Le Saint-Esprit est reçu une fois pour toutes à la conversion. Il est une personne. Il fait son entrée alors une fois pour toutes, et pour demeurer. Nous le recevons alors – quoique peut-être nous ne nous abandonnions pas à lui – pour le service comme pour la régénération. La plus grande expérience de sa présence et de son pouvoir qui fait suite à la conversion tôt ou tard, ce n’est pas le don du Saint-Esprit, la réception du Saint-Esprit, ou le baptême du Saint-Esprit, dans le sens où Dieu emploie ces termes, mais c’est, en réponse à notre consécration, la plénitude de cet Esprit-Saint qui déjà nous a été donné à la régénération.

Le jour de la Pentecôte, le Saint-Esprit est descendu pour former l’Église, le corps mystique de Christ. En ce grand jour, Christ baptisa l’Église du Saint-Esprit. En conséquence, puisque chacun de nous devient par la foi un membre de ce corps, nous sommes baptisés du même Esprit qui habite dans ce corps ; nous recevons le don du Saint-Esprit. Nous ne pouvons pas saisir cette vérité trop clairement, car notre coeur naturel plein de ruse n’est que trop prompt à se réfugier dans la prière, dans l’attente pour recevoir, et à éluder ainsi le moyen réel, qui est un abandon absolu à Celui que nous avons reçu. La chair est si subtile qu’elle est heureuse, par ses prières d’attente, de rejeter sur Dieu la responsabilité de donner, si par là elle peut éviter le moyen réel que Dieu nous impose, et qui est une soumission pleine et entière à Celui qui déjà nous a été donné. Il en est exactement comme du pécheur qui aime beaucoup mieux prier, et attendre de Dieu une bénédiction, que de faire le sacrifice qui lui apporterait la bénédiction.

Mais comment expliquer l’enseignement donné aux convertis d’Éphèse d’après lequel on doit recevoir le Saint-Esprit après avoir cru ? Cela ne prouve-t-il pas qu’un grand nombre, quoique chrétiens, n’ont pas reçu le Saint-Esprit, et que là est le secret de leur impuissance et de leurs défaites ? Eh bien ! si nous étudions ce cas à la lumière de la Parole de Dieu, et avec un esprit sans détour, nous verrons que ce passage si souvent cité (Act. XIX, 2), non seulement ne se comprend pas, si les croyants ne doivent recevoir le don du Saint-Esprit qu’après la régénération, mais qu’il est même une des plus fortes preuves, que les apôtres s’attendaient à ce que les hommes reçoivent le Saint-Esprit à la conversion. En d’autres termes, l’enseignement de Paul est exactement celui de Pierre sur ce grand sujet. Nous nous rappelons que d’après le chapitre précédent, les simples conditions indiquées par Pierre pour recevoir le don du Saint-Esprit, étaient la Repentance et la Foi en Jésus-Christ pour la rémission des péchés. Ces deux choses étaient seules nécessaires. Mais remarquez aussi que toutes deux étaient nécessaires. Une seule n’eût pas été suffisante. Il faut qu’on se repente et qu’on croie.

Se borner à se repentir de ses péchés, sans croire en Jésus-Christ pour la rémission des péchés, ne confère à personne le don du Saint-Esprit, car l’une des deux conditions essentielles est absente. De même, essayer de croire au Seigneur Jésus-Christ sans se repentir de ses péchés ne conférera pas, ne peut conférer le don du Saint-Esprit, pour la même raison, à savoir l’absence, cette fois-ci, de la condition nécessaire de la repentance.

Nous, n’avons pas besoin de faire plus que Dieu ne demande, mais nous ne pouvons pas faire moins. L’expérience de tout ouvrier du Christ confirme cela. Que de fois nous rencontrons des hommes qui cherchent le salut, mais ne trouvent jamais la paix qui est le témoignage du Saint-Esprit, parce qu’il y a quelque péché secret qui n’a pas été abandonné, quelque lacune spéciale dans leur repentance. Ou encore, telle personne qui se repent vraiment ne peut trouver la paix parce qu’elle ne veut pas croire en toute simplicité à l’oeuvre d’expiation accomplie par Jésus-Christ pour la rémission de ses péchés.

Une multitude de cas semblables prouvent jusqu’à l’évidence cette grande vérité de la Parole de Dieu qu’il n’y a que deux conditions essentielles pour recevoir le don du Saint-Esprit, à savoir la repentance et la foi, et que la seule raison pour, laquelle on ne le reçoit pas, c’est qu’on ne s’est pas repenti, ou bien qu’on ne croit pas en Jésus-Christ pour la rémission des péchés.

Avec cette vérité dans l’esprit, considérez maintenant Act. XIX, 1-6. Paul arrive à Éphèse, et y trouvant quelques disciples, il leur dit, non pas, nous l’avons vu. « Avez-vous reçu le Saint-Esprit depuis que vous avez cru ? » mais. « Avez-vous reçu le Saint-Esprit quand vous avez cru ? » montrant par là que lui, Paul, s’attendait à ce qu’ils aient reçu le Saint-Esprit à l’époque où ils avaient renoncé au péché. Ces hommes répondent négativement. Alors, Paul commence de suite à en rechercher la cause, et il la cherche dans l’ordre exact des conditions indiquées par Pierre et qui ont. déjà été citées

– « De quel baptême avez-vous donc été baptisés ? »

– « Du baptême de Jean », répondent-ils

– Oh ! je comprends, réplique Paul, « mais ne savez-vous pas que Jean a baptisé seulement du baptême de la repentance ? Or, la repentance ne suffit pas pour conférer le don du Saint-Esprit ; vous devez aussi croire en Jésus-Christ. » Après avoir entendu cela, ils crurent en Jésus-Christ et furent baptisés en son nom, ils reçurent le Saint-Esprit. Ces gens n’étaient pas croyants à notre manière. C’était, pratiquement, des croyants de l’ancienne alliance, non de la nouvelle. On ne peut les classer que parmi les convertis de Jean, qui n’ont pas reçu, et ne pouvaient recevoir le Saint-Esprit, car ils ne remplissaient pour cela que l’une des deux conditions, la repentance.

Bien loin d’être des croyants à notre manière, et de pouvoir être cités pour prouver que les croyants doivent recevoir ; le Saint-Esprit comme une seconde expérience après la conversion, ces gens, nous apprend-on distinctement, n’avaient pas cru du tout en Jésus-Christ jusqu’à ce moment. Paul ne fit que suppléer à la condition de salut qui leur manquait sous le Nouveau Testament, et qui est la foi eu Christ, condition qu’on aurait dû leur enseigner au moment de leur repentance.

Ils se trouvaient dans la même situation qu’une âme pénitente de nos jours qui s’est sincèrement repentie de ses péchés, mais n’a pas encore été amenée à croire en Jésus-Christ pour la rémission de ses péchés. Tel était l’obstacle à la réception du don du Saint-Esprit, tel il est encore maintenant. Mais alors le contexte scripturaire, qui nous explique les choses, nous semble fixer pour toujours le sens de ce passage controversé.

Si nous revenons au chapitre précédent, nous trouvons une explication qui rend l’épisode entier aussi clair que le jour. Au verset 24 il est dit : « Un certain juif nommé Apollos… vint à Éphèse… il parlait avec ferveur d’esprit, et enseignait soigneusement ce qui concerne Jésus, bien qu’il n’eût connaissance que du baptême de Jean, » C’est-à-dire du baptême de la repentance (Act. XIX, 4). Tout en connaissant à fond les écrits de l’Ancien Testament, il ignorait évidemment le plan complet du salut, de sorte que Priscille et Aquilas, après l’avoir entendu, « le prirent avec eux, et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu (v. 26), » l’instruisant sans aucun doute de la foi en Christ pour la rémission des péchés. Apollos part maintenant pour Corinthe, et Paul arrivant à Éphèse, trouve des disciples qu’Apollos avait mal instruits, une douzaine de personnes, qui n’avaient pas reçu le Saint-Esprit. Et pourquoi ?

Simplement parce qu’ils n’avaient pas encore cru en Jésus-Christ. Ils étaient bien croyants, dans le sens où les disciples de Jean étaient des croyants, puisqu’ils avaient « la repentance envers Dieu », mais ils n’avaient pas « la foi en notre Seigneur Jésus-Christ. » Voilà pourquoi Paul ajoute la condition qui manque à leur conversion selon le Nouveau Testament, et ils reçoivent le Saint-Esprit, non comme une seconde expérience faite par des croyants accomplis, mais, comme la première expérience de gens qui n’avaient pas du tout cru en Christ comme nous croyons en lui. Au lieu de prouver que le chrétien ne reçoit pas le don du Saint-Esprit à sa conversion, mais comme un second revêtement, ce passage est une preuve irrévocable du contraire et démontre que les apôtres en cas de non-réception commençaient à rechercher laquelle des deux simples conditions du salut évangélique avait été négligée au moment où l’on était devenu disciple, soit la repentance, soit la foi.

Prenons encore le cas des Samaritains, rapporté Actes VIII, 5-25. « Ici, objecte-t-on, nous sommes clairement avertis qu’ils crurent à la prédication de Philippe au sujet de Christ, et qu’ils furent baptisés. » C’est vrai, ils crurent, intellectuellement tout au moins, au Seigneur Jésus-Christ. Pourquoi donc ne reçurent-ils pas le Saint-Esprit ? – Étant donné que Dieu dit clairement que quiconque se repent et croit en Christ, le reçoit, il faut conclure en toute évidence qu’ils ne s’étaient pas sincèrement repentis. Voilà donc un cas, pensons-nous, où l’autre condition, celle de la repentance d’un coeur sincère, a fait défaut, quoique les Samaritains aient professé de croire en Christ. Ce fut sûrement le cas de l’un d’entre eux. Car Simon le magicien avait confessé sa foi et reçu le baptême à cette époque, et pourtant Pierre lui déclare : « Ton coeur n’est pas droit devant Dieu. »

Un examen attentif de ces passages, les deux principaux que l’on cite pour prouver que le don du Saint-Esprit est accordé comme une seconde expérience dans la vie du croyant, montrera, croyons-nous, qu’ils ne s’appliquent nullement à nous, si nous sommes des croyants, mais prouvent seulement que celui qui cherche Christ doit, et se repentir, et croire pour recevoir le don du Saint-Esprit.

Il résulte encore de là, que tout enfant de Dieu a, lui aussi, été baptisé du Saint-Esprit. Le don du Saint-Esprit et le baptême du Saint-Esprit sont à nos yeux absolument synonymes dans le sens où Dieu emploie ces expressions. Jean baptisait d’eau, en disant à ses disciples de croire en Celui qui viendrait après lui et qui les baptiserait du Saint-Esprit. Tel était le caractère distinctif dont le Christ ressuscité devait marquer son baptême.

Lorsque des hommes se tournaient vers Dieu à la prédication de Jean, il les baptisait d’eau. Mais quand ils se tournent vers lui sous la dispensation évangélique, Jésus-Christ les baptise du Saint-Esprit. Il n’y a pas un seul exemple dont nous nous souvenions, où le baptême du Saint-Esprit ait été une seconde expérience du croyant. Les apôtres furent à diverses reprises « remplis » d’une nouvelle onction, semble-t-il, du Saint-Esprit, mais n’en reçoivent pas un nouveau baptême. Et jamais il n’est dit d’un seul converti qui a reçu l’Esprit dans la régénération, qu’il en a été ensuite baptisé. La raison en est claire. Le baptême était simplement un rite initial. Il était administré à l’entrée du Royaume de Dieu. Les deux baptêmes se placent à la même époque, soit celui de Jean, baptême d’eau, soit celui de Christ, baptême du Saint-Esprit, c’est-à-dire au seuil de la vie chrétienne, et non à une étape ultérieure.

Ainsi donc, quand on presse les croyants de recevoir le baptême de l’Esprit, nous sommes d’accord si l’on veut, mais avec l’arrière-pensée qu’il s’agit de la plénitude de l’Esprit qui n’est encore ni connue ni possédée, bien qu’elle soit notre apanage d’enfants de Dieu. L’expression employée n’est pas heureuse, car à notre connaissance elle n’est jamais employée en ce sens dans l’Écriture, et elle induit les hommes en erreur, en leur faisant attacher à une certaine phrase une signification différente de celle que Dieu lui donne. Deux interlocuteurs qui se servent d’un mot auquel chacun attache un sens différent aboutiront bientôt à une confusion sans issue. Il en a été ainsi sur cette grande question, et elle s’éclaircirait merveilleusement si nous voulions non seulement étudier ce qu’en dit la vérité de Dieu, mais encore adopter les termes par lesquels elle s’exprime, et employer « le don », « recevoir » « le baptême du Saint-Esprit », exactement dans le sens où Dieu les emploie lui-même dans sa Parole inspirée.

En fait, la réception du Saint-Esprit dépend d’une série de conditions et la plénitude du Saint-Esprit dépend d’une autre. Sous prétexte que nous n’en possédons pas la plénitude, nous sautons à la conclusion que nous ne l’avons pas reçu. La vérité, c’est que nous devons accepter une fois pour toutes le fait que nous l’avons reçu, et nous hâter de chercher le secret de sa plénitude.

Bien-aimés, que votre coeur ne se répande pas plus longtemps en supplications pour recevoir le don du Saint-Esprit, mais plutôt qu’il soit rempli de louanges de ce que vous l’avez reçu, et de ce qu’il habite en vous. Lisez et relisez les déclarations positives de Dieu à ce sujet. Pesez-les avec soin. Rappelez-vous vos expériences de joie et de paix lorsque le Saint-Esprit fit son entrée. Notez l’affirmation constante des épîtres que le croyant est le sanctuaire, le « lieu saint » où l’Esprit habite. Puis souvenez-vous que celui qui se place au point de vue de Dieu est sur un terrain solide. Ne laissez personne ébranler votre confiance sur ce point. Répétez les paroles divines : « Vous êtes le temple du Saint-Esprit, qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, » jusqu’à ce que vous soyez a jamais affermi dans cette glorieuse vérité.

Si, malgré tout, vous avez conscience du manque de force, de joie, de fruits, dans votre vie, sachez qu’il existe une plénitude de cet Esprit qui est en vous une vie de paix abondante, de puissance, de joie, d’amour ; une vie de liberté, une vie de victoire sur vous-même et sur le péché ; que cette vie est offerte à tout enfant de Dieu qui veut la recevoir en en remplissant les conditions ; que, par conséquent, elle est pour vous. Hâtez-vous donc d’apprendre le secret de sa plénitude.

En résumé, nous croyons que la Parole de Dieu enseigne :
Que tout croyant a reçu le Saint-Esprit, le don du Saint-Esprit, le baptême du Saint-Esprit ;
Que le secret tout simple de son entrée est la repentance et la foi ;
Qu’il y a une plénitude du Saint-Esprit, plus abondante que celle qui est habituellement reçue à la conversion ;

Qu’il y a certaines conditions à cette plénitude, différentes des conditions au moyen desquelles le Saint-Esprit a été reçu. On peut donc recevoir le Saint-Esprit, et cependant n’en pas connaître la plénitude ;

Quel est alors le secret de cette plénitude ?