La vie Abondante

Je suis venu afin que mes brebis aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance. Jean 10:10

       Je suis venu afin que mes brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance.
Jean 10:10
Lorsque le voyageur en route pour l’Ouest franchit les monts Alleghany, son regard en éveil ne peut manquer d’apercevoir la surface étincelante d’un petit lac artificiel, dont les eaux bleues reflètent l’azur du ciel, et qui rehausse la beauté du grand système de voies ferrées qui traversent notre pays natal.
Ce petit lac, emprisonné au pied des collines, sert de réservoir à une active cité du voisinage, et s’alimente d’un ruisseau de montagne de modeste débit. Pendant la sécheresse de l’été dernier, la source nourricière ne donna plus qu’un mince filet ;
Le lac baissa jusqu’aux dernières limites ; et toutes les calamités inhérentes à une longue disette d’eau, avec ses menaces constantes pour la santé et le bien-être, s’abattirent sur la ville.
Les autorités imposèrent la plus stricte économie ; le service des eaux fut interrompu, sauf quelques heures par jour ; et la maigre provision du précieux liquide fut soigneusement ménagée pour le cas de nécessités plus pressantes encore.
À cent cinquante kilomètres de cette ville s’en trouve une autre plus petite, située aussi au milieu des montagnes. Dans son centre même, jaillit une fontaine naturelle d’une abondance illimitée et d’une beauté merveilleuse. Pendant le même été de désastreuse sécheresse, cette source fameuse, sans rien diminuer de son étonnante affluence, sans descendre d’un pouce au-dessous des bords qui l’endiguent, fournit à la ville altérée la plus ample provision, et répandit encore par son déversoir tout un courant scintillant, bondissant, d’une richesse intarissable ; c’est ainsi qu’elle justifiait royalement son privilège, non seulement de rafraîchir la ville de son onde, mais encore de lui donner son nom de « Belle-Fontaine »,

La plus grande des deux villes avait de l’eau, il est vrai, mais la plus petite en avait en « abondance ».

Le maigre petit ruisseau qui gouttait dans le réservoir suffisait à peine pour sauver de la soif ardente. Mais la fontaine vivante, bouillonnante, répandant avec prodigalité ses trésors liquides pour sa ville natale, eût encore suffi à étancher la soif d’une autre ville plus considérable que sa grande voisine.
Il en est ainsi de la vie du Saint-Esprit chez les enfants de Dieu. Plusieurs n’ont cette vie intérieure qu’à l’état de fil d’eau de quelques gouttes qui suffisent à peine à les sustenter et à les rafraîchir en temps d’épreuve et de détresse, et jamais ils ne savent ce que c’est que la plénitude.
Il en est d’autres en qui se réalisent joyeusement les paroles, de Jésus : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » Non, seulement l’Esprit Saint remplit leur vie intérieure il surabonde, et déborde, portant autour d’eux la bénédiction aux affamés et aux altérés qui cherchent le secret de leur vigueur.
L’affliction survient, mais ne peut leur ravir leur paix profonde. Les jours s’assombrissent, mais leur foi d’enfant abonde de plus en plus, Les coups de l’affliction les frappent lourdement, mais, comme les puits à pétrole, lorsqu’un explosif a brisé leur réservoir rocheux, font jaillir un courant plus abondant, ainsi leur vie répand sur leur entourage une somme toujours croissante et enrichissante de bénédictions.
  • Un intarissable fleuve de prières coule de leur coeur.
  • La louange s’élance aussi instinctive et spontanée de leurs lèvres que la joyeuse chanson de l’alouette.
  • La confiance est pour eux une seconde nature ;
  • la joie en est le fruit naturel,
  • et le service ininterrompu n’est pas pour eux un esclavage du devoir, mais la gracieuse réponse de l’amour.
Ils ne ressemblent pas à ces pompes toujours à sec qu’il faut amorcer à force de stimulants et d’exhortations avant d’en tirer quelques rares gouttes ; ce sont plutôt des puits artésiens profondément de ses voyages, le coeur battant sans arrêt du puissant amour du Saint-Esprit lui-même.

Histoire de Délia

Qui a pu lire sans un tressaillement de coeur l’histoire de Délia, la reine d’une ruche impure de la rue Mulberry, et sa délivrance d’une vie de honte ? C’est l’amour de Christ qui brûla le coeur de Mme Whittemore et la porta à essayer de sauver cette perdue. C’est l’amour qui exhala cette ardente prière sur la rose immaculée, avant de l’offrir à la pauvre égarée. C’est l’amour qui attira la malheureuse à la porte de l’espoir quand la conviction s’empara d’elle. C’est l’amour qui l’accueillit, qui pleura sur elle, et lui fit fondre le coeur de contrition et de repentance. Alors l’amour engendra l’amour.
Sauvée sans réserve, cette affranchie offrit sa vie rachetée, comme un vase d’albâtre du plus suave parfum qu’elle brisa aux pieds de Celui dont l’amour l’avait sauvée, et elle s’en alla raconter aux autres l’histoire de cet amour.
Dans les prisons, dans les bouges, dans les réunions en plein air, partout où cette rachetée raconta l’histoire de Celui qui nous a aimés et qui s’est donné pour nous, l’amour brûlant du Saint-Esprit enflammait tellement son âme, que des hommes endurcis par le péché courbaient la tête et sanglotaient sous ses paroles frémissantes et enflammées, et étaient entraînés par vingtaines dans le Royaume de Dieu. Pendant une courte année, l’amour de Dieu coula à pleins bords dans ce coeur pleinement consacré, et s’en fit un canal par lequel il vivifia, électrisa et inspira tous ceux qui s’en approchaient ; puis elle retourna vers la source de sa vie d’amour abondant.

Sauvé d’une vie d’incrédulité

Dans une ville du centre habite un ami qui est uni à notre âme par des crampons d’acier, par les précieux liens de la fraternité en Christ Jésus. Par la grâce de Dieu, il fut miraculeusement sauvé

d’une vie d’incrédulité moqueuse, railleuse, mortelle pour l’âme. Pendant des jours et des semaines consécutives, il est engagé dans les soucis absorbants d’une profession séculière. Puis, sans le prévenir, le Saint-Esprit le charge tout à coup du fardeau des âmes perdues. Conduit par l’Esprit dans sa chambre où il s’enferme, il est alors tellement inondé de l’amour de Dieu pour les perdus, que pendant des heures entières, il reste prosterné, sanglotant ses prières entrecoupées pour leur salut. Puis, sortant dans le pays d’alentour, avec ses messages puissants, convaincus, qui jaillissent d’un coeur débordant d’amour il prêche l’Évangile de Christ, là où le besoin s’en fait sentir. Depuis le peu d’années qu’il est converti, ce zélé serviteur de Dieu a obtenu plus de six cents âmes comme fruits de sa vie d’amour abondant.
Bien-aimés, vivons-nous de cette vie d’amour abondant ? En connaissons-nous la puissance, la joie et la plénitude ? Sinon, nous manquons la haute vocation de Celui qui est venu, non pas afin que nous ayons un peu d’amour, mais afin que nous en ayons abondamment.